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Réviser les fiches

COUPE DE FRANCE A l’occasion du cinquième tour, les Cannois entrent dans la compétition en recevant l’US Le Pontet, samedi 16h à Coubertin


Vendredi 16 Octobre 2009

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En déclarant que cette rencontre serait abordée comme un match de championnat, Albert Emon a envoyé un signal fort à son groupe. Il n’est donc pas envisageable que l’ASC prenne son adversaire par dessus la jambe, comme ont pu être considérés les derniers adversaires sensément « prenables » des Rouge et Blanc, tels Louhans-Cuiseaux ou Plabennec. Les joueurs l’ont parfaitement compris, qui s’étonnent encore de la soufflante administrée par leur coach mardi soir, à la mi-temps de Cannes – Luzenac.
Alors que les Ascéistes étaient enfin parvenus à prendre la mesure de l’adversaire, menant par deux buts d’écart une poignée de secondes avant la pause, une succession de maladresses a remis les Ariégeois dans la course. Tergiversations du porteur de balle, manque de disponibilité de ses partenaires, faute inutile, non intentionnelle de surcroît, placement défaillant du mur, intervention ratée du gardien… les Cannois ont déployé le catalogue de l’inconséquence. Et ça, l’entraîneur ne l’a pas accepté. Ses ouailles ont entendu de tout, à commencer par leur incapacité à se concentrer sur les fondamentaux. Comme la façon dont on gère un coup franc subi, par exemple. A quoi bon consigner sur fiches le rôle que chacun doit tenir si personne ne s’en soucie ? Cette erreur-là, Emon n’a pas fini de la ruminer. A ses yeux, le onze a franchi la ligne jaune, il n’a commis rien moins qu’une faute professionnelle. Pour lui toujours, cette absence furtive mais fâcheuse illustre la distance qui sépare l’AS Cannes du haut niveau.

Opération « dégonflage des cerveaux »
Il s’est passé des choses étonnantes mardi soir. En stigmatisant le comportement amateur de son groupe, et ce dès avant la rencontre, l’entraîneur a voulu provoquer un électrochoc. Dans les grandes lignes, la teneur de son discours fut celle-ci : « A quoi bon s’échiner à construire si vous n’en êtes pas capables ? Appliquez ce que vous savez faire, jouez de grands ballons vers la ligne d’attaque ». Que l’on ne se méprenne pas. Albert Emon n’a pas subitement renié ses principes ni n’a abandonné l’espoir de voir son équipe conjuguer talent et efficacité. Il met seulement le collectif face aux réalités d’un début de saison frustrant. Dans cette perspective, le technicien a ordonné l’opération « dégonflage des cerveaux ».
A ce titre, il n’est pas interdit de penser que la réception des Vauclusiens vient à point nommé. En affrontant une écurie gaillarde du CFA, malmenée le week-end dernier chez la réserve lyonnaise (défaite 4-1), les Cannois s’immergent dans le monde de l’amateurisme cru. Il y a beaucoup plus à perdre qu’à gagner demain. Gageons que les titulaires auront entendu le message. A eux d’imprimer le rythme dont on les devine capables et, plus largement, de respecter les fondamentaux du métier de footballeur. Messieurs, n’oubliez pas de réviser vos fiches !
T.D.P.
Photo : Rik6666

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