Forum Actufoot.06

L'ombre d'un doute

OPPORTUNITE Et si les leaders du National se mettaient à flancher ? Et si les Cannois transfigurés par Jan Koller devenaient l’intraitable escadre attendue ?


Mardi 19 Janvier 2010

Agrandir la taille du texte Diminuer la taille du texte Imprimer cet article Envoyer cet article à un ami


Un seul être ne vous manque plus, et tout est repeuplé. L’emprunt boiteux au maître Alphonse de Lamartine vaut ce qu’il vaut. Mais au plan sportif, il synthétise à la perfection l’alchimie par laquelle l’AS Cannes a semblé métamorphosée par la titularisation de sa statue tchèque. Soit exactement ce qu’il se pouvait espérer de meilleur. Stephen Vincent et Eric Bauthéac en ailiers ailés, Abdellah Karbouchi enfin porté vers l’avant, Alexis Bertin poussant ses actions jusque dans la surface adverse, Steven Paulle auteur d’un but magistral sur une tête de mort de faim (voir photo ci-dessus), les latéraux dédoublant sur leur couloir, un gardien au meilleur de sa forme… N’en jetez plus, Coubertin a assisté au match qu’il espérait depuis le 11 août et la première à domicile contre Amiens (nul 2-2, pour rappel).

Du jeu, de l’envie, de l’animation, des complexes oubliés. Et pourtant ! Lorsqu’à la 6ème minute Eric Bauthéac s’est pris pour le Tchèque de légende qu’il n’est pas (pénalty raté sur le mode Antonín Panenka), et lorsque après une bourde défensive dans l’axe, N’Zinga s’est retrouvé en situation de face à face avec Gavanon (9ème minute), le doute s’est insinué le temps de quelques secondes. L’attaquant bayonnais marquait et c’est tout Cannes qui replongeait. Frappe molle contre arrêt résolu, le portier ascéiste a remporté son duel.

Aussi l’ASC version été/automne 2009 est-elle peut-être morte au terme du premier quart d’heure, laissant la place à un onze efficace et sûr de ses qualités. Un signe supplémentaire renforce cette impression. Le but inscrit par Jan Koller est à considérer comme une aubaine. En scorant dès sa première titularisation, l’attaquant international s’est judicieusement affranchi de ce que l’on peut désigner par le "syndrome de la recrue", qui n’en finit pas de paralyser Robert Malm.

Ce précieux but a vocation à marquer les esprits : celui de son auteur, de ses coéquipiers, du public également qui, reconnaissant autant qu’émerveillé, s’est fendu d’une standing ovation adressée à la star et, en filigrane, à ceux qui l’ont convaincu de revêtir les habits du dragon.

De leur côté, Les futurs adversaires des Rouge et Blanc doivent sans doute reconsidérer le jugement moqueur que la première partie de saison cannoise aurait pu susciter. Des adversaires étonnamment fébriles, tels Troyes pulvérisé 3-0 par les Bretons de Plabennec aux anges depuis qu’ils ont éliminé le Gym en Coupe de France, Reims incapable de s’imposer à domicile face à Gueugnon (2-2) ou encore Evian défait à Paris (3-1). En Haute-Savoie justement, la rupture entre les dirigeants et l’entraîneur Stéphane Paille est consommée depuis hier matin, conséquence prévisible d’un mariage non désiré par l’une des parties. Un autre ancien Cannois - Bernard Casoni - doit le remplacer après le bref intérim qu’assurera Pascal Dupraz.

 

S’arracher !

Place à présent au match en retard disputé ce soir à Amiens, face à l’un des adversaires en forme du moment, reparti victorieux de Cassis-Carnoux vendredi dernier (2-1). Cette opposition constitue un nouveau tournant. En ramenant un point, les Ascéistes feraient fructifier leur nouveau capital confiance. Une victoire et l’optimisme le plus fou viendrait gonfler les cœurs des Cannois et de leurs fidèles. Dans une cité où "vous pouvez réussir l’impossible" fait figure de slogan municipal, l’ASC a tout à gagner de s’arracher en Picardie. Rien ne sera simple pourtant, et le succès de samedi ne doit pas aveugler au point de passer sous silence certaines défaillances affichées contre l’Aviron Bayonnais. L’axe défensif est apparu fébrile, insuffisamment protégé par le milieu de terrain. Il s’en est fallu de peu que plusieurs passes en profondeur ne mettent en péril le collectif croisettan. Vigilance donc !

Cette rencontre conditionne à maints égards la suite de la saison, au même titre que le recrutement à venir d’un renfort de qualité. A ce sujet, les déclarations agacées de Pavel Nedved, aujourd’hui même, doivent être lues avec le décodeur qu’imposent les circonstances. La possibilité de sa signature a fait le tour des agences de presse européennes et les agents de tout bord se sont mis à harceler le Ballon d’Or 2003, lui proposant de rejoindre quantité d’écuries autrement plus prestigieuses que l’ASC. Dit autrement, la fin de non recevoir adressée par Nedved est davantage destinée aux importuns qu’aux dirigeants cannois.

Les tribulations de janvier ne cesseront que le 31.

T.deP.

Photos Richard - Rik6666.fr

 

Plus d'infos sur...


AS Cannes

National

Le blog de Bernard Morlino